La vie de Dona Quichotta - Chapitre 2

Publié le par Dona Quichotta

Je suis riche !( j'paye pas d'impôts, enfin, patencore)

Hé ho, je ne suis riche que de poésie, d'imagination, de moi, et... des autres.

Si, si !

J'vous zexplique :

J'ai rencontré, dans mon plus que chaotique parcours, des personnes qui sont allées me chercher jusqu'au fond de mon désespoir, de ma haine de moi, de ma peur -encore présente, hélas, vu la politique actuelle, vivement 2012 - et qui ont creusé, creusé...avez-vous déjà creusé dans au moins 100 mètres de lave refroidie, moitié cendres moitié roches ? Et au bout de ces 100 mètres, trouver enfin quelques petits bouts de braise qui sont encore incandescents ? C'est le travail qu'ont accompli au moins deux personnes que je ne remercierais jamais assez, qui font aussi ce que je suis aujourd'hui, même si je ne me considère pas finie ; alors j'ai trouvé, sur mon chemin, une psychologue qui -après moult recherches pour trouver ze psy avec le-laquelle le courant passe- d'une grande humanité, d'une écoute et enfin bref pour moi c'est une personne qui a plus que gagné le nom d'être humain.

Et puis il faut que j'aille voir cette psychiatre, c'est indispensable.

Quand tu as mal aux dents, tu vas voir le dentiste, donc quand ton esprit ne va pas bien, tu vas voir la personne appropriée.

Je me considère comme malade, dur à admettre mais c'est ainsi, et j'ai toujours cette angoisse et cette trouille du monde, qui me bouffe une partie de ma vie.

Et ce n'est pas ce que j'apprends qui va me rassurer : la chasse à outrance contre l'antiterrorisme, la sécurité à tout prix, même et surtout au prix de nos libertés individuelles, l'emprisonnement au moindre soupçon,  le délit d'outrage, toutes ces révélations sur les OGM, les vaccins, le fait que celui ou celle qui détient le pouvoir et/ou l'argent soit plus fort que le "petit" même si "le petit" a raison... tout ça me dégoûte... et me fait peur aussi.
Mais ça me met en colère ! Alors je fais ce que je peux ; j'écris, j'affiche sur mes blogs, j'aide la personne qui en a besoin, etc...armée d'un stylo !

À propos d'écriture, ce n'est pas moi qui suis allée vers la poésie, parce que j'en avais des souvenirs d'école, où l'on apprend à disséquer, analyser le poème, les mots, la grammaire, le vocabulaire particulier de la poésie... et ça m'en a éloignée ! Comme la musique, d'ailleurs, mais ça c'est une autre histoire.

Et un jour j'ai écrit mon premier poème, dans un atelier d'écriture ; le poème est venu comme ça, je ne savais même pas, en écrivant la première phrase, que j'allais écrire un poème ; c'est donc Dame Poésie (comme l'appelait Hans Christian Andersen Andersen, un de mes poètes-conteurs préférés même si -selon mes sources mais faut que je vérifie-- il n'écrivait pas de poèmes)  qui est venue à moi.

Ma rage à moi

Comment dire ce qui m’arrive aujourd’hui ?
Je suis en colère ;
J’ai la haine ;
J’ai la rage ;
Et jamais je n’ai ressenti
Cette soif de vivre,
Ce besoin d’être libre,
Aussi intensément que maintenant.

Vaccinez-vous, vaccinez-moi,
Je vais mordre !
Mordre pour tout,
Mordre pour rien,
Mordre pour le plaisir
De me défouler,
De me débarrasser
De ce qui pour moi est un boulet,
Pour les autres un beau cadeau ;

Je ne dis plus "oui" d’une toute petite voix,
Je hurle NON !
Je veux danser,
Je veux bouger,
Je veux bosser,
Ma colère se transforme en énergie,

Je ne veux plus rester ici,
Mon berceau est soudain trop petit,
Je veux vivre maintenant,
Je veux être moi aujourd’hui,
Ma rage m’est salutaire,
Ainsi que ma colère,
Il a fallu un miroir,
Il a fallu que je perde mes illusions,
Que ma rage devienne explosion !

Je suis moi,
Je suis une femme,
J’ai mes défauts,
Ce sont mes défauts à moi ;
J’ai mes envies, mes rêves,
Mes besoins, mes qualités.

J’ai mon identité,
Personne n’a le droit de me la nier,
Je suis, je vis, un point c’est tout ;
Je veux ma place dans le grand Tout !


Poème écrit en l'an 2000 ; je sais, ce n'est pas précis, mais je m'en tamponne, c'est déjà une précision.
Dona Quichotta


Et, en parlant de poème, j'ai eu un grand succès (frime frime) en lisant en public le poème "je suis riche".
J'avais commencé à en écrire le début sur un post-it ; oui,  je sais, il y a plus petit, le ticket de métro-bus-tram; il y a plus petit aussi, l'envers du timbre-poste; mais je n'avais qu'un carnet de post-it ; et, ne trouvant plus rien à dire, j'ai laissé tomber au bout des quatre premiers vers... ensuite, retombant dessus, j'ai finalement terminé ce poème mal écrit, c'est vrai, mais je l'aime comme tel.
Et je suis passée devant le micro, je l'ai lu.
Le directeur du foyer a dit ; je prononcerais bien un discours mais Christine a mieux dit que moi ce que je voulais dire, alors je lui demande de revenir, et de nous relire ce poème" ; oui enfin ce ne sont pas ses mots exacts, mais bon, en substance c'est ça.

Donc je l'ai terminé le 31 décembre 2004, et tous et toutes m'ont remerciée, m'ont encouragée, bref là je rougissais, et en même temps j'étais fière mais fière !

Puis, le lendemain, donc premier janvier 2005, des animatrices, ayant entendu les filles qui m'ont fait "la pub", m'ont demandé de le leur lire !
Je l'ai fait, et une fille, qui était assise à une table, s'est effondrée en pleurs... je lui ai demandé ce qui se passait, et je fus surprise quand elle m'a dit que mon poème l'avait touchée.
Je suis restée bête, mais bête, tiens si j'avais vu ma tête ce jour-là je me serais bien marrée ! z'avez déjà vu un poisson  dans l'eau ? Pas besoin de l'en sortir pour constater qu'il a l'air bête avec ses yeux ronds et sa bouche ouverte !

Elle m'a demandé de le lui écrire sur une feuille, et de le lui donner ; j'ai donc offert mon premier autographe.

Ce poème a été écrit pour mes compagnes de galère, qui m'ont appris tant et tant de choses, soit directement, soit indirectement, soit délibérément, soit simplement parce que je les observais. Encore merci à elles.

Je suis riche !


Je suis riche de joies,
Je suis riche de peines,
Je suis riche de musiques,
D’amours et de haines,
Je suis riche.

Mais voilà, je n’ai pas un sou à moi,
Je marche, je vais, je vis,
Je grogne, je pleure, je ris, je vis.

Je suis riche du sang qui coule dans mes veines ;
Je suis riche de mes racines,
De ma culture et de mes rêves,
Je suis riche de tout ça.

Mais si c’est du côté du porte-monnaie,
Je suis pauvre comme des personnes que je connais,
Ce sont mes compagnes de galère,
C’est tous les jours que je pleure misère.

Oui ! Mais vous êtes toutes aussi riches,
Vous mes compagnes pour quelque temps,
Nous partageons les mêmes larmes,
Nous apprenons à nous servir de nos armes,
Et nous reviendrons plus belles,
Peut-être un peu plus rebelles,
Avec le temps...

Votre richesse est la mienne,
Dans vos cultures si différentes,
Dans tous vos gestes, vos voix, vos rêves,
Vous êtes sans doute aucun des reines ;

Dans toutes vos langues presque chantées,
Dans vos yeux, vos coeurs et vos mains,
Se trouve un trésor inaccessible,
Car nous ne pouvons pas nous en défaire,
Mais le partager est possible,
Mais le partager est possible,
Et nous serons toujours plus riches,
Nous serons toujours plus riches,
Encore, encore et toujours,
Merci.

Écrit au Centre d’hébergement d’urgence à Ivry-sur-Seine le 31 décembre 2004. Chris de Breizh-Corsica alias Dona Quichotta 

Et donc je continue à écrire poèmes et contes et autres textes.

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Dona Quichotta 16/02/2009 16:53

Merci à vous deux
gros gros bisous
Christine

Suzie 26/01/2009 23:12

La seule richesse qu'on a dans la vie est l'experience et ce qu'elle nous apporte.
La vie est comme une meule, soit elle t'use, soit elle te polie.
Continue à briller

Suzie

Sophie 23/01/2009 22:52

J'ai beaucoup apprécié les deux poêmes mais coup de coeur spécial pour le deuxième...

Merci de ce partage!

Amitiés,