Monde paysan en danger : Interview de Suzie et Hervé

Publié le par Jean Dornac

Interview réalisée par J. Dornac

 

Je crois que les réponses de Suzie et Hervé sont remarquables et montrent bien la détresse, mais aussi la détermination et le courage de ce couple qui se bat contre une certaine puissance, celle qui faisait dire à Jean de la Fontaine : "Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir" (La Fontaine - Les animaux malades de la peste). Rien de nouveau sous le soleil ; Donc, la lutte pour un monde plus juste, un monde de partage et non pas réservé à quelques puissants, continue…

 

* * *
 

Jean Dornac : Suzie, vous êtes anglaise d’origine ; Quelle était votre vision de la France avant d’y venir ?

 

Suzie et Hervé : J’étais trop jeune pour réellement avoir une vision de ce pays et ce peuple que les Anglais voient comme des mangeurs de grenouilles et d’escargots. Je vous remets ci-après un petit historique de ma vision de la France telle que je l’ai vécu avant que tout bascule.

 

Je suis issue d’un village du sud d’Angleterre. Je n’avais que 17 ans quand je suis arrivée à Paris en 1974 en tant que jeune fille au pair. À cet âge-là, on a des étoiles dans les yeux, tout le monde est beau, tout le monde est gentil. Je ne comprenais rien des implications de mai 68, ni à la politique. Je me rappelle, quand même, que la famille pour qui je travaillais m’a prévenu d’éviter des manifestations et surtout les C.R.S…

 

En tant que terre d’accueil, la France ne m’a pas déçu.

Pour une jeune fille issue d’un milieu rurale, Paris était le pays des merveilles. Je me promenais partout à pied, même le soir, sans aucune crainte. C’était la belle époque. À la fin de mon contrat au pair, j’ai pu facilement trouver un travail en secrétariat et un studio pas cher. Toute était tellement facile. Ce qui m’a permis de faire des voyages en sachant qu’en revenant, je trouverais toujours du travail et un endroit pour vivre. Je garde encore de très beaux souvenirs.

 

J’ai quitté Paris définitivement en 1980, pour m’installer dans l’Aude. C’est là que j’ai fait mes premières expériences dans l’agriculture bio. On nous prenait encore pour des illuminés, on l’était peut-être… car n’ayant pas encore trouvé le moyen de mécaniser le désherbage des cultures de légumes, j’en ai passé des heures avec la binette à la main.

N’ayant pas de voiture, on amenait nos légumes au marché avec un cheval et charrette et on vendait nos beaux légumes au même prix qu’en traditionnel. (J’insiste sur le beau car les légumes bio peuvent être aussi beaux que bons..) Le bio, pour nous, était un état d’esprit, on ne pensait pas au profit.

Cette première expérience n’a duré que 2 ans, par manque de moyens et n’étant pas « chez nous ». L’ami avec qui j’étais installée est retourné en ville reprendre son métier de programmeur en informatique et je suis entrée dans le monde du cheval.

D’abord accompagnateur de tourisme équestre, puis stagiaire moniteur dans un centre équestre à Béziers, la campagne me manquait et je suis retourné dans les Corbières ou j’ai acheté une ruine pour 5000 francs.

Je l’ai retapé avec un ami. Nous avons tout démonté pour la remonter en pierres – d’où vient mon attachement à ce matériel noble.

En montant un mur, chaque pierre doit trouver sa place, c’est comme un puzzle…

 

Puis en 1987 j’ai rencontré mon mari, et nous avons acheté cette vieille ferme en ruine que nous avons passé 20 ans de notre vie à défricher et à remonter.

Vous connaissez la suite…

 

Jean Dornac : Si vous aviez foi en cette France, qu’en est-il aujourd’hui ? La situation, celle dont vous souffrez aujourd’hui, serait-elle différente en Angleterre ? Les paysans y sont-ils mieux protégés qu’ici ?

 

Suzie et Hervé : Quand je vois que, même en tant que propriétaire, on n’est pas en sécurité…

Qu’on peut nous spolier des acquis de toute une vie pour un rien… Comment voulez-vous que je puisse avoir foi dans un pays où tout est devenu précaire ? Travail, logement, pouvoir d’achat… Rien n’est acquis.

Je ne comprends pas comment la qualité de vie que j’ai connu en arrivant en France a pu s’effondrer d’une telle manière.

 

Je pense que l’Europe n’a pas été profitable pour tout le monde, l’euro non plus, et puis, petit à petit, on essaie de nous enlever des libertés si péniblement acquises… mais il y a des personnes beaucoup plus compétentes et éloquentes que moi pour donner des explications.

 

Apparemment, en Angleterre, comme ailleurs, la situation n’est pas mieux, c’est peut-être même pire, vu qu’il y a des Anglais qui viennent s’installer en France.

Quelqu’un de ma famille, qui était entrepreneur, a perdu sa maison pour une histoire de 3000 livres d’impayés… la spirale infernale.

 

Je ne sais pas si les paysans sont mieux protégés en Angleterre qu’ici. Ce que je sais, c’est que tous les champs avoisinants du village ou j’ai vécu pendant mon enfance sont maintenant des lotissements.

 

J’ai passé quelques semaines en écosse en 1996. En ce qui concerne l’élevage et l’entretien des espaces verts, ils avaient tout compris. C'étaient les villages et les forêts qui étaient clôturés et les bêtes (surtout des moutons) étaient en liberté.

Je ne sais pas comment les choses ont évolué aujourd'hui, mais est-ce qu’ils ont besoin de Canadairs en écosse ?

 

Jean Dornac : Si vous aviez foi en la Justice, qu’en est-il aujourd’hui ? Auriez-vous eu plus de possibilités en Angleterre ?

 

Suzie et Hervé : La justice ? Quelle justice ? Une institution fait par des notables pour des notables. Nous sommes supposés être jugés au nom du peuple. Ces gens-là ne savent pas ce que c’est de faire partie du peuple, ni les difficultés qu’on a pour joindre les 2 bouts.

 

Rien ne peut arrêter les rouages de la justice une fois qu’elle se met en marche. Nous ne savons pas comment bloquer ce jugement, aussi injuste et aberrant qu’il peut nous paraître. On doit payer, point final.

Si on ne paye pas, nous ne pourrions pas faire un pourvoi à la cour de cassation. Si on ne peut pas payer, on pourrait saisir nos biens et puis notre ferme.

 

Est-ce qu’on peut appeler ça « Justice » ? Je pourrais trouver des termes beaucoup plus appropriés… mais restons polis…

 

Nous avons subi l’arrogance des juges qui ne daignent même pas nous regarder lors des audiences, qui ne nous donnent même pas la parole. Comment pourrait-on avoir confiance dans l’objectivité de ces gens-là ?

 

Récemment, j’ai vu une vidéo sur la rentrée de la justice à Nîmes. J'ai énormément apprécié les paroles du Président de la cour d'appel qui était fier d’avoir réussi à évacuer les affaires en retard.

 

Est-ce que c'est grâce à cette "accélération" et la volonté "d'évacuer" au plus vite le retard dans les affaires, que la cour a pu se tromper d'une manière aussi flagrante dans notre cas ? En occultant non seulement toute notre défense, mais surtout en refusant de prendre en considération nos demandes de preuves à la partie adverse.

 

Une justice expéditive, basé sur le jugement en 1ère instance où nous n’avions même pas été défendus correctement ?

 

Ou est-ce qu’il y a l’influence d’une certaine confrérie derrière ?

 

On ne peut qu’espérer que la loi organique visant à faire adopter et appliquer la loi constitutionnelle n° 2008-724 du 23 Juillet 2008, sera bientôt adoptée comme il se doit. Cette loi permettrait de saisir le Conseil Supérieur de la Magistrature.

Qu’enfin les juges soient tenus de répondre de leurs erreurs…

…on peut toujours rêver.

 

Au moins en Angleterre, les juges doivent déclarer leur appartenance à la franc-maçonnerie.

 

Jean Dornac : En Ardèche, trouvez-vous un soutien auprès des autres paysans ou restez-vous très seuls, votre mari et vous ?

 

Suzie et Hervé : Au début nous avons été très soutenus, mais au fur et à mesure des années et des procédures qui se sont succédées, les copains avaient marre d’entendre parler des histoires qu’ils ne comprenaient pas. On nous conseillait de « dépassionner » donc nous avons fini par nous taire.

Avec ce qui nous arrive aujourd’hui, nous retrouvons une certaine solidarité et soutien moral autour de nous, mais les temps sont difficiles pour tout le monde…

Notre plus grand soutien aujourd'hui vient d’un réseau de justiciables, à travers internet, qui ont eux aussi des problèmes vis-à-vis de la justice et qui sont capables de comprendre notre combat et de nous aider.

 

Jean Dornac : Par quel moyen espérez-vous trouver la somme nécessaire pour payer ce que le tribunal vous réclame, ceci afin d’avoir la possibilité de vous pourvoir en cassation et garder votre ferme, l’œuvre de votre vie ?

 

Suzie et Hervé : Il y a notre famille et nos amis qui se sacrifient pour nous aider à payer cette condamnation injuste. Des gens qui croient en nous. Il y a même des gens qui ne nous connaissent pas qui proposent de nous aider. Ce qui nous touche énormément.

Ce sont des gestes magnifiques qui nous donnent la force pour continuer à nous battre.

 

Jean Dornac : Avez-vous pensé à appeler à l’aide une personnalité comme José Bové, si médiatique ? Selon vous, serait-ce une bonne chose ?

 

Suzie et Hervé : Nous avons contacté la confédération paysanne. Nous attendons la suite. Je pense que José Bové a autre chose à faire que de venir à notre secours, mais il sera toujours le bien venu à la maison pour discuter autour d’une soupe au chou avec les copains.

De toute façon c’est difficile de demander à une personnalité d’intervenir dans une affaire, qui pour l’instant, reste une affaire personnelle.

 

Jean Dornac : Avez-vous tenté de médiatiser votre affaire par des médias nationaux ? Sinon, pourquoi ? Si oui, quelles ont été les réponses reçues ?

 

Suzie et Hervé : On commence tout doucement à envoyer des communiqués de presse à travers internet. Il faut être tenace et faire des suivis, ce que je n’arrive pas à faire en ce moment.  Vu que les « grands » médias sont pour la plupart muselés, surtout en ce qui concerne la justice, je n’y crois pas trop.

Pour être entendu, il faut faire du sensationnel. Je ne suis pas prêt à me mutiler ou flinguer nos adversaires pour paraître au journal de la télé ou en 1e page des journaux.

 

Il nous reste les forums et le rajout des commentaires en bas d’articles existants. Les forums ont une dimension plus humaine, plus près des gens, mais ça prend beaucoup plus de temps et d’effort car on demande des questions, on cherche à comprendre…

…mais ça nous aide aussi à réfléchir et chercher des solutions.

 

Jean Dornac : Quels recours pensez-vous trouver hors de la Justice ? L’Europe ? Les instances syndicales paysannes ?

 

Suzie et Hervé : Au point où nous en sommes, je ne sais pas trop.

Pour saisir la cour européenne des droits de l’homme, il faut avoir épuisé tous les recours en France.

Nous attendons d’avoir la réponse de la cour de cassation. Si elle accepte notre pourvoi, nous pourrions attendre encore 4 ans avant que notre affaire soit jugée.

Si elle refuse, on pourrait saisir directement la CNDH mais, là aussi, les délais sont très longs.

Vu qu’avant tout chose, on doit exécuter ce jugement, je pense que les instances syndicales paysannes sont impuissantes pour l’arrêter.

Elles pourraient, peut-être, nous aider pour la suite.

 

Jean Dornac : Vous dites, dans vote texte publié sur le blog « Devoir de savoir », que votre adversaire a fabriqué des preuves. Pouvez-vous nous dire lesquelles ?

 

Suzie et Hervé : Il y avait surtout les calomnies et les mensonges que nous avons démontés en apportant les preuves.

 

La cour nous a ignorés

 

En ce qui concerne la fabrication de preuves :

Il a inventé une plainte pour coups et blessures.

 

Prise en compte par la TGI de Privas, mais écarté par la Cour d’Appel – le PV des gendarmes ayant confirmé qu’ils n’avaient pas pu constater coup et les certificats médicaux de son médecin étant tendancieux.

 

Il a fait croire que nous avons été déboutés des procédures contre ce mur en évitant de mettre les pages des jugements qui nous donnaient raison.

 

Notre avocate, en 1ère instance, n’a pas voulu nous défendre contre ces accusations et n’a pas voulu joindre les pages manquantes... Nous avons apporté les pages manquantes en appel.

 

La cour nous a ignorés

 

Il tournait constamment autour de la maison en train de prendre des photos :

Des encombrants, juste avant le ramassage en faisant croire que nous vivions dans une « bidonville ».

Il a fourni des pages et des pages de photographies de chèvres qui se promènent sur la route ou autour de son gîte, mais aucune photographie de soi-disant dégâts.

Il y a même une photo d’un bouc tout seul qui ne nous appartient pas !

Nous avons contesté ces photos et avons demandé des preuves de dates (photographies originales). Il ne les a pas apportées et

 

La cour nous a ignorés

 

Il a fourni 3 attestations dactylographiées des maçons qui présentent tous trois la même erreur de placement de virgule dans le lieu et date que des courriers émanant de notre voisin de la même époque, dont certains étaient présents dans son dossier.

Notre avocat a écrit dans ces conclusions :

"Cette anomalie est pour le moins surprenante, et permet de douter de l’authenticité de ces documents.

Ce doute est conforté par le fait que les documents qui émaneraient de la Sté B ont chacune été rédigées sur un papier à en-tête différent.

QUE nulle part le n° SIRET ou SIREN des Sociétés ne figure.

QUE cela atténue considérablement la portée de ces attestations.

Une des attestations n’est même pas signée…

 

La cour a considéré que ça n'enlevait pas leur sincérité !"

 

Voilà pour les plus graves, il y a en a bien d’autres …

 

Jean Dornac : À votre avis, qui soutient votre adversaire ? Les autorités ? D’autres personnages ?

 

Suzie et Hervé : C’est difficile à dire, il y a tant de personnalités impliquées. Notre adversaire fréquentait du beau monde et est sûrement protégé quelque part.

Certaines personnes nous ont mis en garde contre les réseaux d’influence qui utilisent la franc-maçonnerie et son serment d’entraide entre frères afin de faire passer leurs magouilles. (Vu la montant exorbitant des dommages et intérêts accordés nous avons tendance à adhérer à cette possibilité).

On y trouve quelques liens dans notre affaire, mais il faudrait une enquête sérieuse à l’intérieur de cette confrérie pour arriver à confirmer cette hypothèse… chose impossible pour une simple profane, telle que je suis.

 

Jean Dornac : Comment définissez-vous votre métier ? Et que pensez-vous de l’agriculture intensive et productiviste ?

 

Suzie et Hervé : Il ne faut pas le considérer comme un métier mais comme une façon de vivre. On ne compte pas nos heures et on ne sera jamais riche.

Ce n’est pas un métier facile, nous sommes à la merci de tout, le temps, les marchés et surtout l’administration qui n’arrête pas d’inventer des nouvelles règles pour nous enquiquiner.

Il faut savoir s’adapter.

Il faut tout vivre, accepter et assumer, les grands bonheurs, comme les grandes galères.

C’est la satisfaction de pouvoir inviter des amis à notre table où tout est fait maison.

Et tant d’autres choses…

 

Ce que je pense de l’agriculture intensive et productiviste ?

 

C’est simple, quand on parle de quantité, il ne peut y avoir de qualité.

 

Est-ce que ces agriculteurs qui se sont endettés des millions d’euros afin d’avoir du matériel performant sont mieux lotis que nous ?

Combien se sont retrouvés en liquidation quand les subventions qu’ils attendaient ne sont pas tombées ?

 

En restant petit et en vendant en direct, nous n’avons pas besoin de subventions. Notre travail est revalorisé et les consommateurs avisés (ceux qui se servent sur nos marchés locaux et non aux supermarchés) sont contents d’aller voir « leur » producteur, en étant confiants d’avoir des produits de qualité.

 

Jean Dornac : Comment voyez-vous votre avenir au cas où la Justice vous prendrait votre ferme ?

 

Suzie et Hervé : Nous ne sommes pas encore là et on fera tout pour ne pas en arriver à ce point.

Notre activité d’élevage a été réduite à néant à cause des années de harcèlement et des procédures qui nous ont fatigué et écœuré.

Ce qui nous importe maintenant, c’est de participer à protéger nos zones rurales et leur diversité contre des futurs spéculateurs qui veulent faire pousser des maisons à la place de la nature.

Nous avons rejoint d’autres personnes qui ont les mêmes réflexions et nous espérons trouver des solutions.

 

Si le pire devait arriver, soit on cherchera une autre terre d’accueil, soit on intégrera une communauté agricole.

Dans l’un ou l’autre des cas on continuera notre lutte.

 

Jean Dornac : Connaissez-vous d’autres cas, similaires au vôtre, en Ardèche, voire dans d’autres régions françaises ?

 

Suzie et Hervé : Aucun cas ne se ressemble, mais oui, il y a des cas de spoliation grâce à la justice en Ardèche et partout en France et ailleurs en Europe. Il suffit de faire des recherches sur internet. Chefs d’entreprises, agriculteurs, particuliers victimes de tutelles, notaires, divorce, il y a des centaines de témoignages… et sûrement des milliers de cas de gens qui se sont tus ou qui ont sombré dans la dépression avec des conséquences fatales...

Sans oublier les innocents qui ont passé des années en prison – Outreau n’est pas un cas isolé.

Petit à petit, grâce aux sites, il y a des gens qui se rapprochent et qui se soutiennent.

 

Jean Dornac : Qu’aimeriez-vous ajouter à la fin de cette interview, soit de personnel, soit à l’adresse de jeunes qui voudraient reprendre une ferme comme vous l’avez fait vous-mêmes ?

 

Suzie et Hervé : Il vaut mieux se marier avec un avocat qu’avec un agriculteur ;o)

 

Enfin sérieusement…

Tout dépend de ce que la personne recherche.

Il y a ceux qui s’achètent ou qui louent une maison avec un lopin de terre pour faire un jardin, une basse cour, des lapins et un petit boulot à côté ; Ce sont les plus heureux.

 

Pour ceux qui ont la volonté d’aller plus loin et devenir paysans, c’est une autre démarche. (Ici je veux parler de ceux qui veulent vivre de leur travail sans avoir à dépendre des subventions et aides de l'Etat).

Je dirais qu’il faudrait d’abord gagner de l’expérience en travaillant dans une ferme dans le secteur qui vous intéresse car ça ne se fait pas tout seul.

Il vaudrait mieux apprendre par les erreurs des autres, car surtout en élevage, les erreurs peuvent être tragiques.

Il faut aussi avoir conscience que ces magnifiques petites bêtes qui gambadent et jouent ensemble vont devoir un jour partir à la boucherie.

(Quelque chose qu’on a toujours refusé pour nos poulains. Nous avons gardé certains jusqu’à l’âge de 2 ans en les vendant à perte).

 

Après il faut bien choisir l’endroit où on a l’intention de s’installer et voir s’il s’apprête à son projet.(ne pas vouloir faire du maraîchage sur les terres pentues sans eau, sauf si on s’appelle Manon)

 

Rencontrer et discuter avec le maire et les paysans autour.

Attention aux mauvais voisinages !

 

Vient le problème de foncier, en sachant que pour s’inscrire à la M.S.A. et avoir une couverture sociale, il faut avoir un certain nombre d’hectares « pondérés ».

 

Il y a la solution de « cotisation de solidarité », mais là on n'a pas de couverture sociale et il vaut mieux avoir un (e) compagne qui travaille à l’extérieur.

 

Que dire de plus, chacun (e) fait son parcours. Il faut de la volonté et les reins solides mais c’est un choix de qualité de vie et il faut surtout aimer ce qu’on fait.

 

Pour ceux qui veulent devenir exploitant agricole en profitant des subventions et aides, je n’ai pas de conseils à leur donner, si ce n’est Bonne Chance !

Ça devient un parcours de plus en plus difficile et semé d’embûches.

 

Jean Dornac : Je vous remercie, Suzie et Hervé, d’avoir pris le temps pour répondre à mes questions. Je vous remercie aussi pour les lecteurs qui, ainsi, saurons, l’ignorance étant le pire des maux. Bonne chance à vous deux et beaucoup de courage !

Commenter cet article

Catherine Declis 27/01/2009 19:23

J'espère de tout coeur, Suzie et Hervé, voir ici s'écrire un futur favorable à votre affaire, à la mesure de la beauté et du respect que vous apportez avec justesse à la terre que vous aimez toute l'année

Je me permets de vous embrasser,

Catherine.

Suzie 26/01/2009 23:02

Merci Jean et Catherine de m'avoir permis de m'exprimer autrement sur ce que je ressens vis à vis de l'injustice que nous vivons en ce moment.
La France était un pays magnifique où tout était possible.
Qu'elle le redevienne grâce à note volonté.

Amitiés
Suzie

Jean Dornac 26/01/2009 23:10


Merci surtout à vous, Suzie, pour vos réponses, pour la valeur de tout ce que vous nous dites. Notre porte virtuelle du blog vous reste totalement ouverte, quand vous voudrez, comme vous
voudrez...

Avec toute mon amitié

Jean