S POIRE ?

Publié le par Jean Dornac

 Première publication sur altermonde, le jeudi 27 mars 2008


par Catherine Declis


 

Je demande ici votre indulgence car je ne suis pas du monde de la plume, ni de la politique, ni de l’économie et tente de fonctionner en monde avec ce qui m’est offert à pouvoir donner, partager, et apprendre à recevoir.

 

Se tenir hors du tumulte actuel n’est pas un choix délibéré de ma part mais un concours des circonstances de la vie.

 

Je suis infirmière et adore mon métier, tentant de l’améliorer et m’améliorer tout au cours de mon existence, même si aujourd’hui, la santé ne me permet plus d’exercer en de bonnes conditions.

 

Sans s’apitoyer au-delà d’une compréhension nécessaire, je suis atteinte d’une fibromyalgie qui soulève tant et tant d’interrogations, avec la chance d’être reconnue adulte handicapée qui n’est pas le lot de tous les concernés par cette maladie invisible qui dérange tout le monde et n’arrange personne, avec la chance d’être pensionnée, 545 euros par mois.

 

Je n’en veux à personne, ne suis pas mue par un sentiment de trahison, de culpabilité, je tente juste de faire progresser la recherche vraie, mue par des cœurs humbles et généreux, afin de percer cette équation à moult inconnus, et ce, dans le juste but d’épargner souffrance, dès l’enfance.

 

Aussi, je regarde le monde et me demande sincèrement jusqu’où il sera nécessaire d’aller afin que l’homme prenne enfin conscience de sa petitesse passagère, focalise ses forces sur une tentative d’utiliser sa vie intelligemment et cordialement.

 

Et si je me sens proche d’un peuple comme celui du Tibet, c’est peut-être car aujourd’hui, les paramètres tendent à participer à une prise de conscience en toute liberté de parole sans nécessité d’action violente, et le reflet d’un obstacle, voir un échec, est ici révélateur de ce que l’homme désire profondément faire de ce monde, participer à une dynamique de destruction et de souffrances qui pourrait, à mon avis, être de loin épargnée.

 

La souffrance est de fait inhérente à la vie, pourquoi la potentialiser et en générer toujours plus que l’univers puisse porter ?

C’est bien l’homme qui ici dépose ses propres sentiments, imperfections, pour ne pas dire intérêt personnel, jalousie, orgueil, vanité, peur...

Je ne pense ici à personne en particulier et à tout le monde en général, y compris moi.

 

L’effort individuel de bien vouloir se changer soi-même demande travail et concentration, reprise de pouvoir de maîtrise sur soi, et cela, il n’est pas cohérent de l’attendre de l’extérieur, mais bien de faire intimement son propre exercice de gamme, en commençant par le do, sans attendre que la gymnastique des doigts vienne d’ailleurs, même s’il est parfois utile d’avoir de l’aide pour apprendre à décrypter la partition.

 

Mais a-t-on réellement envie de poser musique harmonieuse en cœur, en chœur, en corps, encore ?

 

Et toujours chercher l’accord en se référant au diapason du la, là, las ! L’univers semble déjà régi par des lois qui nous dépassent auxquelles l’homme veut se mesurer sans aucune autre valeur que celle qu’il a lui-même établi, et ce, souvent, dans l’unique perspective de pourvoir à nourrir son propre égocentrisme, pouvoir appréhender l’insaisissable, puisque toujours plus signe t-il toujours mieux ?

 

Le bilan global de la santé du monde l’atteste.


Avoir soif de connaissance et compréhension est louable, mais dans quel but autre que tendre vers du mieux peut-il participer au bienfait de tous comme de chacun ?

 

Catherine Declis

Le 23 mars 2008.

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Jenny 01/02/2009 12:10

Un texte très très bien écrit et même si tu n'es pas poétesse ou écrivaine, tu peaufine bien ceux-ci. Atteinte depuis 2005 par cette fibromyalgie, j'ai un léger mieux par rapport aux douleurs mais je ne peux pas savoir d'où cela peut venir... Pas des médicaments en tous les cas.

Bonne coninuation pour ce super site :-)

Jean Dornac 01/02/2009 14:53


Merci Jenny pour vos voeux concernant le blog.

Jean


Catherine Declis 31/01/2009 22:54

Merci Sophie et Jean, pense aussi que si cela prend corps en votre lecture, c'est peut-être du simple fait que cela résonne quelque part un peu vrai en vous, en cela, je n'y suis pour rien sinon transmettre la beauté dans l'oeil de celui qui regarde avec espoir

Je vous embrasse de tout mon coeur,

Catherine.

Jean Dornac 31/01/2009 23:01



Chère Catherine,

Depuis toujours je pense que nous ne sommes, nous les humains, que des relais, tout au moins si nous acceptons ce rôle. A mon sens, c'est l'un des plus nobles qui puisse nous être proposés...

Tout comme toi, je ne peux m'attribuer un quelconque mérite dans ce que je fais ou écrit. C'est cadeau reçu à offrir à toutes celles et tous ceux qui le veulent.

Que la vie peut être belle en dépit des épreuves qui nous accablent parfois...
Jean



Sophie 31/01/2009 16:26

Pour une personne qui n'est pas du monde de la plume, Catherine, ce texte est porteur d'un magnifique message pour tout un chacun.
Puissent les êtres s'accorder à ton diapason pour une très belle symphonie!

Amitiés à tous!

Jean Dornac 31/01/2009 16:28


Ce que vous dites est parfaitement exact, chère Sophie !!

Jean


Les Plus Beaux Gifs Du Net 31/01/2009 13:37

bonjour, je suis moi même atteinte de cette foutue fibro, je suis toujours en activité professionnelle mais je me demande bien pour combien de temps, c'est tellement pénible d'être constement fatiguée etc....

Jean Dornac 31/01/2009 13:45


Ah ! Vous aussi ! Moi aussi, j'ai "droit" à cette chose-là, mais avec la chance d'avoir vu une amélioration durable s'installer depuis l'an dernier. Hélas, j'ignore la cause de cette amélioration,
sans quoi, je la crierai partout !!

Bon courage à vous
Jean