Le violon s’est tu…

Publié le par Jean Dornac

 Je publie ce poème, ici, car, dans ma pensée, il résume la nécessité du « Devoir de savoir » afin que nul, si possible, ne puisse dire « je ne savais pas »…

 
















                    le violon s'est tu...


Le violon pleurait la liberté,

Les bourreaux l’ont réduit au silence.

Ils ont arraché ses cordes,

Brisé son archet.

Le violon s’est tu…

 

Le poète, ils l’ont pris,

Jeté dans leurs geôles.

Ils ont ri de ses vers,

De ces paroles de vérité.

Le poète s’est tu…

 

Le journaliste aussi ;

Ils l’ont pris, ils l’ont battu.

Au pied d’un mur de pierre,

Ils l’ont mitraillé.

Le journaliste s’est tu…

 

Ils ont arrêté la femme.

Ils l’ont violée, saignée,

Ils ont volé son corps,

Tué son âme.
La femme s’est tue…


Les indifférents ont regardé.

Ils n’ont rien vu, rien entendu,

Perdus en paradis absurdes.

Ils disent « nous ne savions pas ».

Les indifférents se sont tus…

 

Ils ont bâillonné les résistants,

Enchaînés les révoltés,

Brûlé les livres, tout le savoir,

Tailladé les piétas.

La liberté s’est tue…

 

Le violon et le poète se sont tus ;

Le journaliste et la femme se sont tus ;

La liberté se meurt,

Les bourreaux vocifèrent…

Le peuple souffre et pleure comme toujours…

 

Poème dédié à Cristina Castello, pour son combat, pour ses poèmes…

 

20 janvier 2009 - Jean Dornac

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Sandrine 22/01/2009 15:28

Mon Jean
Quelle merveille, quelle beauté, quelle tristesse.
Tu écris merveilleusement bien, l'indifférence.
je l'appelle le mal du siècle,
Il est arrivé sans bruits, bardé de symptômes

Exhalant les parfums les plus doux, plus lourds

Opium des peuples dans les esprits devenus gourds

Jour après jour, il a insufflé son perfide sérum



S’est ensuivi l'inexorable silence

Ignominie, condescendance et dédain

Regards et corps se détournent indolents et gandins

Ignorants volontaires de l'inévitable décadence



il n'y a pas de petits combats pour les nobles causes.

Pendant que le mal nous ronge, le monde se nécrose



Pour 2009 ?



Combattons l'indifférence, où qu'elle soit!!!!

Voilà oui, tout ce que j'avais en moi le 31 décembre.... Ton poème est Vérité, et le dédier à Cristina, sourires... oui, elle combat, a combattu tant de choses viles...
Magnifique Jean, à toi mille mercis et mille bisous...

Jean Dornac 22/01/2009 21:18


Oh Sandrine, ce que tu écris là... j'en suis très ému...

Nous nous écrirons dès que tu le pourras !

Je t'embrasse avec mille bisous, moi aussi...
Jean


Dona Quichotta 20/01/2009 18:08

Triste, mais beau, magnifique...
Je te l'avais dit, Jean, que tu as une âme de poête !

Mais, en réponse à cela, lis bien la phrase qui suit; de Peio Serbielle:

"Le poête, il est mort, mais son chant commence à vivre".

Bisous
Christine

Jean Dornac 20/01/2009 18:16


Oui, Christine, triste, c'est vrai... C'est l'expression de ce que ressent un petit poète face au monde tel qu'il est, actuellement. Et cela à cause d'une poignée de bourreaux qui n'aiment ni la
vie ni les humains, qui n'aiment que leur pouvoir et leurs intérêts...

Mais oui, mille fois oui, on peut tuer un poète, cent ou mille d'entre eux ! Leurs chants, eux, vivront dans le coeur des amoureux de la vie, des amoureux de la liberté ! Et c'est essentiel ! Bravo
à Peio Serbielle et merci à toi de le rappeler ici...

Jean


catherine 20/01/2009 14:27

magnifique poème dédié à une des plus grandes âmes que je connaisse, à un talent incontestable, à la hauteur de ce poème, oui, qui lui ressemble.
merci Jean pour cet hommage rendu à Cristina Castello ! merci pour son elle, pour son combat car son combat et elle ne font qu'un.
Je vous embrasse bien tendrement, Jean.
vivement le printemps !!

Jean Dornac 20/01/2009 14:57


Chère Cathy,

Vous me touchez beaucoup par ce que vous dites. D'autant plus que vous avez la chance, que dis-je, le bonheur, de l'avoir rencontrée...

Car c'est un bonheur de connaître Cristina

Oui, vivement le printemps, pour plein de raisons !!!

Je vous embrasse bien tendrement, moi aussi

Jean


Catherine Declis 20/01/2009 10:24

Devoir de Beauté

De voir Réalité


Cristina et Jean, mon coeur vous embrasse en son entier

Catherine.

Jean Dornac 20/01/2009 10:26


Merci, chère Catherine. Moi aussi, je vous embrasse de tout coeur...

Jean