La vie de Dona Quichotta

Publié le par Jean Dornac

Il faut beaucoup de courage pour écrire, soi-même, des tranches de notre vie, surtout si celles-ci ont été source de souffrance ou d’humiliation. Ayant connu les Restos du cœur en tant que bénéficiaire, dans les années 90, je sais de quoi je parle.

 

Aussi, qu’il me soit permis, ici, de féliciter et remercier Christine qui a trouvé ce courage et témoigne. J’ai toujours pensé que le témoignage fait partie des actes de courage et d’amour envers les autres, car le témoignage éloigne le lecteur de l’ignorance. On ne peut être pleinement humain si l’on est ignorant.

 

Bravo Christine, et merci

 

Jean Dornac

 

* * *

 

 

Il me semble important, avant d'écrire "ma vie de SDF" de préciser quelques petites choses, notamment préjugés et idées reçues :

Certaines personnes s'imaginent que "SDF=clochard" ; eh bien non ! Raté ! Il existe des clochards SDF et des SDF non-clochards, ainsi que des clochards non-SDF.

Clochard vient de cloche, parce qu'avant, les sans-abri dormaient à la belle étoile, souvent près d'une église, et les églises sont généralement dotées de cloches, d'où l'expression.
Mais aujourd'hui, "clochard" a glissé dans le sens "sale, ne se lave pas, dort n'importe où, c'est-à-dire dehors, dans le métro, sur un banc". Il y a aussi "taper la cloche", c'est-à-dire mendier et/ou dormir dehors.

Sinon il y a vos dictionnaires et le site wikipédia dans lequel ce mot est expliqué.


Il y a effectivement de nos jours malheureusement des personnes qui vivent dehors, par choix ou autre, je reviendrais plus tard là-dessus.

Mais sachez une chose ; des personnes ayant plus que les moyens de vivre ne se lavent pas !
Eh oui ! Une personne peut être multimillionnaire ou milliardaire et puer pire qu'un marchand de fromages spécialisé dans les "qui puent" (les meilleurs) !!!

Et une personne en difficulté peut être par contre propre, elle ainsi que ses affaires.


Il y a aussi des personnes sans domicile fixe qui sont malades, aussi bien physiquement que psychiquement, c'est parce que les hôpitaux d'accueil de nuit et/ou de jour n'ont pas assez de place ; entre parenthèses, au vu des différents drames qui se sont déroulés dernièrement, ne venez pas me dire que les hôpitaux ont les moyens !


Et surtout, surtout, ne vous apitoyez pas sur mon sort, je peux m'en sortir, contrairement à d'autres personnes !

Je ne suis pas une "petite fille aux allumettes" !


SDF ; Sans Domicile Fixe.

 

blagounettes pour rendre ce texte un peu plus léger : SDF ; sans difficultés financières

SDF ; sans domestiques fixes (merci "les nuls)

Si vous en avez d'autres comme ça, vous êtes les bienvenus.


Maintenant que j'ai joué les "profs" , je m'en vas vous raconter mon odyssée.





La genèse de cette histoire (chap 1)...

 



...est toute bête -de mon point de vue à moi s'entend- parce qu'aujourd'hui je commence à peine à comprendre ce qui s'est passé, et ce qui se passe aujourd'hui.

 

Il faut d'abord comprendre que certaines personnes sont plutôt rebelles et réfractaires à une attitude autoritaire et plutôt dictatoriale de l'autorité, qu'elle soit d'un État, ou d'une personne, qui, pour une raison ou pour une autre, a autorité sur cette personne ; et d'autres qui sont plutôt du caractère "éponge", c'est-à-dire qu'ils savent que ce n'est pas bon pour eux, mais ils "avalent" ce "poison" psychologique, en pensant s'en débarrasser un jour.


C'est vrai et faux à la fois.


Par exemple, puisqu'il s'agit de ma petite personne, je suis née la première de trois enfants et j'étais plutôt tranquille, et je disais toujours "oui" afin qu'on me foute la paix ; erreur ! Mes parents, tout ceci inconsciemment bien sûr, en rajoutaient.

Puis quand mon frère et ma sœur sont nés, je m'en suis occupée, comme une petite maman, ce qui était pour moi un grand bonheur mais je faisais mes devoirs d'école quand même ! Mon père se levait très tôt pour aller bosser, d'ailleurs il était absent de son rôle de père ; et ma mère, qui  bossait aussi, c'est le type même de la mère-courage.


Mais d'un autre côté, quand vous entendez des petites phrases assassines du genre "tu coucheras sous les ponts", "tu finiras à l'usine", "on voudra même pas de toi pour balayer" etc... comment voulez-vous retrouver votre confiance en vous ?

Et bien sûr, soit les parents vous disent et vous répètent que "c'est pour ton bien", " pour que tu travailles à l'école", etc... résultat, j'ai emmagasiné tout ça, et je n'ai pas beaucoup bossé en classe ; d'ailleurs, je n'ai pas dépassé la troisième des collèges.

J'étais donc du caractère "absorbant" ; allez vous débarrasser de couches sédimentaires successives de mal-être et de non-considération !


Alors quand j'ai pu partir de la maison, je l'ai fait... et je me suis retrouvé "sur le pavé"... avec aucune idée de quoi que ce soit en tête, sinon les éternelles questions -qui pour moi étaient toutes nouvelles ; où manger, où dormir, où me laver, etc...


fin du premier chapitre - à suivre…

 

En accord avec l’auteure, je vous précise que la suite arrivera dans un délai d’un mois. Si, comme moi, vous avez hâte de connaître la suite de cette vie si jeune encore mais si pleine, inscrivez-vous à la lettre d’infos, ainsi vous serez prévenus de la publication du deuxième chapitre du texte de Christine…JD

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Sophie 23/01/2009 23:14

J'attends aussi la suite de ce témoignage bouleversant écrit d'une merveilleuse plume...

Inscription faite!

Suzie 14/01/2009 21:13

J'attends la suite de ton texte avec impatience.
J'ai véçu une periode où j'ai sillonnée les routes de France en stop en vivant de petits boulots. En regardant en arrière c'était peut-être le plus belle experience de ma vie.
La vrai liberté.
Je connais aujourdhui des jeunes qui vivent de la meme manière.
Ce sont des gens honnetes, Sans Difficultés Financières, car ils s'en foutent de l'argent et les chaines qu'elle fabrique.
En quelque sort des étoiles filantes, qui en profitent pleinement de la vie car ils la vivent de jour en jour sans se soucier des lendemains.
Je ne sais pas ce que tu en penses, mais tu nous le dirais

Amities
Suzie

Catherine Declis 14/01/2009 12:24

Merci Christine de ton témoignage ici qui peut en aider tant aujourd'hui


Poète au pays du Si Doux Firmament

Je t'embrasse,

Catherine.