Monde paysan en danger majeur !

Publié le par Jean Dornac

Ce courrier de Suzy et Hervé LUROIS a été reçu en témoignage de ce que ces personnes vivent depuis 12 ans, et sont loin d’être les seuls malheureusement à traverser ce genre d’écueil qui tend à se propager et signe à mon sens, une perspective manquant de clarté quant à ce qui est offert à vivre pour bon nombre de personnes ne tendant qu’à soigner la terre au mieux et vivre de leur travail pour le mieux, tout simplement

 

J’espère de tout cœur qu’une solution humaine puisse trouver réponse à l’enfer qui leur est donné à vivre en leur site, il est vrai, magnifique et qui ne demande qu’à le rester pour le bonheur de tous, car l’un ne bouge pas sans l’autre

 

Avec mes bonnes pensées,

 

Catherine Declis.

 

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Bonjour,

 

Je suis avec beaucoup d'intérêt votre site qui reflète la situation morose dans laquelle la France se trouve.

 

En tant que paysans nous nous retrouvons dans une histoire complètement folle et nous avons du mal à nous relever, vu que ça fait plus de 12 ans que ça dure.

 

On croyait en la justice, vaut mieux croire au père noël.

 

Nous sommes installés en tant qu'agriculteurs en Ardèche depuis 1988. Ça fait 20 ans que nous retapons les bâtiments et que nous défrichons les terrains, et tout ça avec nos petits moyens.

 

Tout allait bien jusqu'en 1996, quand un citadin aisé est revenu s'installer dans le hameau et a construit un gîte.

Il a tout fait pour rendre notre vie un enfer.

Nous avons essayé de nous défendre et ça s'est retourné contre nous.

Monsieur avait apparemment tout planifié avec ses copains.

Nous sommes dégouttés et serons peut-être bientôt ruinés grâce à une justice pourrie.

 

Nous étions loin d'imaginer que l'administration, et les auxiliaires de la justice pourraient se laisser manipuler par des mensonges, voire même des calomnies d'un voisin qui a tout fait pour nous pourrir la vie... afin de nous faire dégager et nous spolier de notre bien.

Ayant été très mal défendus en 1ère instance au TGI de Privas, nous nous sommes sacrifiés financièrement afin d’avoir une défense correcte en appel.

Imaginez notre désarroi quand nous avons reçu l’arrêt de la cour d’appel de Nîmes confirmant ce jugement, basé encore une fois, essentiellement sur le dossier adverse en occultant non seulement toutes les pièces qui lui avaient été remises en notre défense et nos demandes de preuves, mais également les arguments que notre avocat avait développé en plaidant.

Petits agriculteurs, non imposables, la cour nous condamne à verser 15 000 euros plus tous les frais de justice à un citadin aisé qui n'hésite pas à calomnier, mentir et fabriquer des preuves.

Ce nouveau jugement est truffé d'erreurs et d'inexactitudes.

C'est honteux et encore une belle démonstration de l'incompétence et le "je m'en foutisme" de certains juges qui ne sont même pas conscients de la détresse et des dégâts que leurs jugements pourraient infliger aux victimes de leurs erreurs...

…ou peut-être que si…

Un jugement qui permettrait la spoliation de notre ferme, qui représente 20 ans de dur labeur, notre gagne-pain, notre retraite et l'héritage de notre enfant.

Car si on ne trouve pas cette somme on va se retrouver dans une spirale infernale d’huissiers et saisies qui pourraient aller jusqu'à la saisie et vente aux enchères de notre ferme (au profit de ????)

Notre seul (?) recours la cassation... mais il faut "régler les clauses de l'arrêt" pour qu'un pourvoi en cassation soit recevable.

Une véritable discrimination pour des petites gens sans sous.

Notre histoire ici : http://paysan07.site.voila.fr/


N’ayant plus confiance dans la justice le seul recours possible pour nous, en ce moment, est la médiatisation de notre affaire… aussi petit qu’il pourrait vous paraître - tout est relatif - encore des vies brisées à cause d’une justice défaillante, discriminatoire… et peut-être sous influence.

En vous remerciant pour votre attention,


Suzie Lurois

 

  

 

 

  


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SUR LE PARC NATUREL REGIONAL DES MONTS D'ARDECHE
"Le manque d'attention provoque la tension"

 

La question de la séparation ville/campagne est en passe d'être résolue de la manière la plus radicale qui soit, par la simple destruction des villes et de la campagne, dans un même tas de ruines. La ville a été détruite par la prolifération cancéreuse des banlieues et des zones commerçantes qui l'encerclent ; avec ces centres villes muséifiés, zones piétonnes pour le petit commerce de simili luxe. La campagne, vidée de ses habitants, a été divisée en zones d'activités : zones d'agriculture intensive pour l'agro-alimentaire - zones poubelles pour les déchets et les activités polluantes (Bretagne, vallée du Rhône) - zones touristiques, dont le Sud de la France, bronze-cul de l'Europe.

Le Parc Naturel Régional des Monts d'Ardèche a pour but de gérer ce tourisme de masse : aménager les structures nécessaires pour recevoir les touristes ; créer les activités pour les "occuper" et les "fixer", créer un public captif, pour reprendre une expression récente.

La civilisation paysanne a été détruite dans les années 60 pour industrialiser l'agriculture : mécanisation, chimie, concentration des exploitations. La main d'œuvre en excédent était envoyée en ville se faire prolétariser. Les paysans sont devenus des agriculteurs, puis des exploitants agricoles. On voit maintenant quelques résultats de cette "révolution agricole" : O.G.M, vache folle, nappes phréatiques polluées, etc...


Avec l'industrialisation des loisirs, cette campagne laissée à l'abandon doit être de nouveau entretenue pour être montrée aux touristes. Cette civilisation paysanne définitivement morte et enterrée doit être recréée artificiellement grandeur nature dans les vitrines de leurs néo musées. On aménage des sites, des villages, "réserves" pour un Disneyland paysan où les habitants jouent le rôle de Gentils Animateurs. Quant aux RMlstes des villes, on en fait des CES des champs : petits boulots précaires et sous payés (par I'Etat).


"Le monde n'est pas une marchandise", s'exclamait J. Bové, le très médiatique leader paysan. Malheureusement, si ! L'ensemble de l'activité humaine, des idées, des sentiments, mais aussi la réalité la plus immédiate sont devenus des marchandises. L'air qu'on respire (le tourisme de montagne), l'eau qu'on boit devient un produit de plus en plus rare et coûteux, le sang qu'on vend et qu'on trafique.


L'Ardèche avec ce parc développe son statut de marchandise touristique. Phénomène qui ne lui est pas spécifique. Des endroits comme Carnac ou le Pont du Gard étaient visités gratuitement. Gratuitement ! Quel scandale ! II fallait sans tarder les aménager pour les rentabiliser. "Nous devions nous adapter". " C'est peut-être le fin mot de l'histoire : difficile de résister à la vague d'industrie culturelle qui a déjà emporté le château de Chambort, le Mont St Michel, et contre laquelle le Pont du Gard à l'autre bout de la France, se bat encore." (Le Monde du~15/8/97. Depuis, Carnac et le Pont du Gard ont été "aménagés".)


La mode est aux parcs à thèmes, "ces parcs de loisirs scientifiques et ludiques." En Auvergne est quasi terminé le centre européen du volcanisme, Vulcania, "un parcours initiatique sur le volcanisme avec les moyens de communication les plus sophistiqués."
"Plusieurs grandes chaînes hôtelières ont fait savoir qu'elles étaient intéressées par Vulcania. Ce projet pourrait constituer une étape significative sur les autoroutes Paris Barcelone entre Disneyland Paris et les bassins de clientèle touristique espagnole." (Le Monde du 28/8/97). Un paysage se dessine, veiné d'autoroutes, avec ses verrues et ses points noirs : zones hôtelières, sites touristiques, parkings, centres commerciaux.


Ces malheureux touristes qui travaillent 11 mois de l'année pour ensuite faire tourner l'industrie touristique pendant leurs vacances, il ne faut pas les plaindre. Ce monde est fait par eux et pour eux. Comme une lèpre le tourisme envahit tout et défigure tout. Par exemple, ce tourisme de résidences secondaires, de chambres d'hôtes et de gîtes fait qu'il n'y a plus de maisons à louer à l'année. II aggrave donc encore plus la désertification des campagnes.

Ce parc naturel régional des monts d'Ardèche n'est qu'un aspect parmi d'autres de l'industrialisation du tourisme, de cette marchandisation des loisirs et de l'activité humaine plus généralement. On n'entend plus parler que de rentabilité, manne touristique, ressources exploitables, concurrence, profits, etc...


La raison économique qui a envahi toutes les têtes se présente comme la seule raison, une évidence indiscutable (et indiscutée). Bien fou celui qui oserait remettre en question une telle nécessité. Pourtant on voit tous les jours certaines conséquences de cette raison économique : les déchets industriels qu'on ne sait plus où stocker, le climat qui change, l'isolement grandissant et le désespoir individuel (la France premier consommateur de tranquillisants), etc... Cela nous est présenté sans relation, sans réflexion, comme une fatalité. La machine économique marche toute seule ; et plus personne ne sait ni où elle va ni pourquoi.

Mais qui regarde froidement la réalité, sans les oeillères des médias, voit bien que dans cette raison économique, dans cette course folle aux profits et à la consommation, il n'y a rien qui ressemble à quelque chose de socialement utile. Le monde va à sa perte. Et la société telle qu'elle fonctionne travaille contre nous.


II est urgent de prendre nos vies en main. De ne surtout pas les laisser dans celles des irresponsables qui gèrent le monde. II n'y a pas de fatalité.


Libre association d'individus autonomes


Aubenas, le 9 avril 01.



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Jean-Marie CHAGNON 16/08/2009 11:37

Bonjour,
La destruction du monde paysan ne date pas d'hier, mon grand-père décédé en décembre 1956 dénonçait déjà les atteintes.
Un livre fut écrit et édité en 1982 par un cousin germain par alliance :Yves de HAUTECLOCQUE "FRANCE,fais ta prière" La bande annonce: La technocratie a déséquilibré la France :PLUS DE CHÔMEURS QUE DE PAYSANS.Tous est résumé dans ces simples mots.
Quant à José Bové voir ce lien :http://revelations4.blogs.fr/
Le Dr VERCOUTERE donne sa appréciation du citoyen député.
Jean-Marie CHAGNON

Dona Quichotta 13/01/2009 18:20

ben si !
héhé !

bon au fait, va ici bisous
http://chris2breizhcorsica.over-blog.com/article-26737212.html

Jean Dornac 13/01/2009 22:39


Je disais meuhhhh nonnnn, pour te dire de ne pas rougir !!  C'est si beau ce que tu écris !!!

Bisous


Dona quichotta 12/01/2009 23:00

ben...tu écris ça sur une page que tout un chacun peut lire ...
j'rougis !
bisous
Christine, armée d'un stylo

Jean Dornac 12/01/2009 23:04


Meuhhhh nonnnnn !!


Dona Quichotta 12/01/2009 18:48

Salut vous tous !
J'ai fait la "pub" des deux blogs de Jean auprès d'Eva, j'ai vu son commentaire sur le blog "pour la non-violence".

ben oui, quand des personnes ont des intérêts communs, ils se regroupent, et nous c'est pour une bonne cause...les autres-qui disent ça également-...je me demande souvent si ils sont humains, ou alors, si ils le sont, c'esr du mauvais côté de l'humanité.

Je demande à Suzy, si elle est d'accord, de reproduire les premières parties des deux textes,sur mon blog à moua http://chris2breizhcorsica.over-blog.com/ afin d'établir un lien vers non seulement le blog de Jean, mais également vers les sites et blogs mentionnés dans ces textes.

Bisous et courage

Christine

Jean Dornac 12/01/2009 22:29


Coucou, Christine,

J'ai écrit à Suzie pour lui soumettre ta demande. Je ne sais si elle va t'écrire directement ou m'écrire à moi pour sa réponse que je suppose positive...

Tu as un très grand coeur et j'étais certain de ta réaction ! Grand, grand merci, chère Christine..

Bisous !!!


Suzie Lurois 12/01/2009 17:03

Je me permets de rajouter un lien concernant le SA Volcania mentionné dans l'article.
http://www.cyberbougnat.net/Vulcania-Main-basse-sur-les.html

Jean Dornac 12/01/2009 17:34


Suzie, vous avez tout à fait raison de proposer ce lien. Je vous en remercie

Jean